Économie circulaire dans le BTP, des coûts réduits et des solutions d'avenir
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Qu’est-ce que l’économie circulaire (dans le BTP) ?

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Tout le monde parle d’économie circulaire, mais qu’est-ce que c’est ? Sans faire de vous des experts, cet article a pour but de vous éveiller sur le sujet et d’en comprendre l’importance et les enjeux futurs, et cela, dans le BTP. Bref, voyez-le comme une entrée en matière accessible à tous car étant un sujet nous concernant toutes et tous, que cela soit les professionnels et les entreprises ou nous, simples citoyens.


Comprendre l’économie circulaire 

 

Réinventer l’économie linéaire 

En opposition au système actuel dit linéaire, qui consiste schématiquement à extraire, fabriquer et jeter les matériaux, l’économie circulaire est un modèle plus économe et responsable. L’accent est mis sur le réemploi, la réparation, la réutilisation et le recyclage des déchets, matériaux, objets, etc. en accord avec la loi de transition énergétique. Ainsi, le cycle de vie des produits est rallongé par une valorisation de la matière. 

La mise en place d’un tel modèle peut qu’être bénéfique à tous les niveaux de la chaîne de production, et quel que soit le secteur d’activité.  

Économie de fonctionnalité, l’usage contre la possession 

Vendre des services liés au produit plutôt que vendre le produit lui-même, voilà ce qu’il faut entendre par économie de fonctionnalité. Cet autre pilier de l’économie circulaire, n’est pas si obscur qu’il le laisse prétendre. 

Fondateur d'un avenir ou la croissance ne doit plus être faite au détriment de l’écologie ou du social, mais avec une intégration de ces nouveaux enjeux. La puissance de ce levier est de se positionner en prenant en compte les aspects modernes qui sortent du simple cadre des obligations de l’entreprise. Fini les démonstrations commerciales avec un argumentaire tapageur, place à un lien de proximité avec un public plus large pour accroître son autorité dans un domaine précis. 

Une tâche qui serait d’ordinaire traitée en interne, sera confiée à une entreprise qui en a fait sa spécialité avec un rendement amélioré par l’exploitation d’outils spécialisés.  

Tout cela s’applique principalement à des produits durables qui sont appelés à connaître plusieurs intervenants dans leur cycle de vie. En guise d’exemple, ce modèle peut donc s’appliquer pour la location de benne, puisqu’il s’agit d’appliquer une solution pour un ensemble de personnes avec les mêmes contraintes et besoins. D’un côté des déchets qui ont besoins d’être conduit en centre de valorisation et de l’autre des transporteurs avec des bennes qui ne demandent qu’à convoyer des chargements.
   

La règle des 3 r 

Pour aller plus loin, nous pouvons parler du principe de Réduction, Réutilisation et Recyclage qui avait déjà été développé en 1959. Autant de r pour repenser nos façons de faire avec du second emploi précédé par une déconstruction. Ceci dans un projet de réemploi des matériaux utilisables et ceux qui ne sont pas disponibles pour le réemploi partiront en valorisation. Méthode novatrice qui s’adapte avec efficacité dans le modèle d’économie circulaire et permet de réconcilier croissance et environnement. 

Le circuit court appartient indéniablement à l’avenir de tous ceux qui se lancent dans le Green Business, les entreprises qui participent par leur contrat d’engagement à une croissance verte et raisonnée. 


L'impact environnemental : prise de conscience générale 


La responsabilité sociétale des entreprises 

L’impact écologique du BTP devient un sujet de plus en plus important. Il faut rappeler que le secteur a généré 227,5 millions de tonnes de déchets en 2014, à cela s’ajoute le transport de tous ces déchets, générant des émissions de CO2 supplémentaires. 

Ayant pris conscience de cela, de nombreuses entreprises cherchent des moyens de limiter l’impact de leurs activités sur l’environnement, d’être plus respectueuses et responsables. Cette prise de conscience se voit notamment au travers de la notion de responsabilité sociétale des entreprises abrégé en RSE. Laissé au bon vouloir des entreprises, la RSE a pour but d’inciter les entreprises à prendre en compte 7 thématiques dans leur activité et fonctionnement :  

  • la gouvernance de l’organisation, 
  • les droits de l’homme, 
  • les relations et conditions de travail, 
  • l’environnement, 
  • la loyauté des pratiques, 
  • les questions relatives aux consommateurs, 
  • les communautés et le développement local. 

La RSE est certes sur la base volontaire de la prise en compte de tous ces aspects par les entreprises, mais elle n’est pas seulement un argument commercial pour faire “passer la pilule”. Le développement durable du BTP garantie des gains financiers, eux-mêmes garantis par l’économie de fonctionnalité. 

Pour en savoir plus sur la RSE : https://www.economie.gouv.fr/entreprises/responsabilite-societale-entreprises-rse#
 

Vers des chantiers circulaires 

Vous l’aurez deviné, pour le BTP, les enjeux sont nombreux. C’est tout le cycle de vie des déchets qu’il faut revoir pour diminuer l’impact écologique du BTP et ses émissions de CO2. Les déchets et leur gestion doivent avoir une place centrale dans un chantier et accorder plus d’importance sur différents points, notamment :  

  • Le réemploi des matériaux et la déconstruction des bâtiments  

Le BTP n’exploite pas assez tous les déchets qu’il peut produire. Un bâtiment représente une mine d’or, que ce soient les murs, les fondations, mais aussi tout le mobilier, luminaires, bureaux, portes, bien que l’on ne considère pas cela comme des déchets, ils sont trop peu réutilisés et valorisés dans d’autres constructions. L’idéal serait de les réutiliser en leur donnant une seconde vie dans des chantiers proches afin de limiter le transport. Dans cette optique il faudra aussi surveiller ce que donnera la future filière de responsabilité élargie des producteurs (REP) pour le BTP prévue pour janvier 2022. 

  • Le transport des déchets

On se répète, mais le transport génère des émissions de gaz à effet de serre et par conséquent de la pollution. Il faudra toujours des camions pour évacuer les déchets, cependant, il est possible d’optimiser le transport en évitant qu’il roule à vide en instaurant un double ou triple fret, nous y reviendrons plus tard.
  

  • Le travail préparatoire et une bonne organisation

Personne n’est à l’abri des erreurs, que cela soit au niveau de la commande de mauvais matériaux ou même de communication amenant à la construction d’un mur qui n’a pas raison d’être, bref tout cela relève de l’organisation en amont et être bien préparer peut permettre la réduction des déchets sur un chantier.

Anticiper permet de limiter les mauvaises surprises, il faut entre autres, définir le volume de déchet à évacuer, le ou les lieux de décharge et de valorisation des déchets, le nombre de camions nécessaire…

Le digital comme vecteur de l’économie circulaire dans le BTP 


Digitaliser pour se différencier 

Des méthodes dépassées (souvent celles majoritairement utilisées) sont les freins principaux à une efficacité opérationnelle optimale.  À notre époque et plus que jamais, fluidifier ses tâches par leur digitalisation est une solution pour développer des arguments permettant de prendre un temps d’avance sur les concurrents du BTP. 

La mise en place de l’économie circulaire des matériaux joue donc un rôle dans la souplesse au niveau du planning de chantier. Les plannings mieux optimisés rendent alors possible le développement de nouvelles compétences par la mise en place de circuits courts et donc un approvisionnement durable, comme privilégier des partenaires de proximité plus à même de comprendre les besoins régionaux. Mais aussi en favorisant des processus de production responsable, qui peuvent réduire drastiquement les coûts. 

Couplé avec une consommation durable, c’est un vrai avantage concurrentiel qui démontre votre expertise par la modernité des solutions apportées aux problématiques de la gestion de déchets du bâtiment. 

De nouvelles capacités technologiques 

Par rapport à une approche linéaire, l’économie circulaire appliquée au BTP limite les sources d’erreurs de communication et de coordination. Mais aussi et surtout évite une production plus importante de déchets, ceux-ci étant rationalisés par un mélange de synergies et de partenariats. Les échanges entre professionnels des travaux publics et transporteurs spécialisés en vrac enclenchent une dynamique qui connecte les intervenants et limite les délais de transmission de documents. 

Outil de prévention des décharges sauvages 

L’expansion du savoir-faire technologique est d’autant plus permise dans le secteur de la construction qu’il s’adapte continuellement aux changements. À la pointe des innovations, le BTP a tout à gagner en accélérant sa digitalisation avec une nouvelle génération d’artisans et de professionnelles qui utilisent des technologies connectées.  

Autre exemple, la traçabilité est garantie par des outils de géolocalisation en temps réel qui attestent que le chargement n’a pas fini en dépôt sauvage, réel fléau pour l'environnement, surtout s'il s'agit de déchets dangereux et polluants aux impacts environnementaux lourds). Ce suivi pose le professionnel en véritable expert soucieux de sa culture d’entreprise. Il connaît l’ensemble des aspects et enjeux de son domaine et reste ouvert aux innovations pour profiter d’une position sur le marché jusque-là inoccupée. Les freins à l’acquisition de nouveaux marchés sont levés. 

Gagner de nouveaux appels d’offres 

Une bonne gestion des déchets de chantier avec des outils connectés qui ont un gain de temps réel, favorise les marges en plus de développer la notoriété qui va faire écho auprès de futurs collaborateurs. Voir même de nouveaux partenaires qui sont séduits par une approche novatrice et soucieuse de construire un projet qui ouvrira de nouvelles opportunités pour les deux parties.    

Pour les transporteurs en benne TP, il est alors même envisageable (conseillé) de mettre en place un double ou triple fret pour que les camions ne roulent plus à vide. Avec cette méthode, le camion ne va pas du point de collecte au point de dépôt et à nouveau à un autre point de collecte. 

La mise en place du double fret peut ainsi faire économiser sur le prix du transport. Voire plus si un triple est mis en place ! Le camion arrive chargé sur le chantier puis se rend au centre de recyclage où il change de chargement pour retourner sur le chantier. Ce type de circuit rentabilise l’utilisation du camion et de son chauffeur, qui de fait ne roule plus à vide comme il est encore trop souvent le cas dans la logistique du BTP.  

On parle là d’une image de marque positive pour se faire connaître auprès d’une clientèle potentielle en accroissant sa notoriété. Recycler ses déchets de chantier, c’est bien, le faire en minimisant son impact environnemental lors des trajets, c’est mieux et c’est un gage d’investissement de l’entreprise pour les générations futures. Un levier de la croissance dont la traçabilité en est un des moyens. 

Réussir la transformation digitale du BTP 

 Il est bien évident qu’il faut prendre en compte la maturité des enjeux auxquels on veut apporter une solution. Les recenser est une étape en amont qui évite de donner un objectif qui ne colle pas avec la stratégie marketing visée, ce qui est une erreur de gestion qui peut se révéler très onéreuse. 

Le BIM pour Buildings Information Modeling, acteur de poids dans la construction, permet d’avoir une vision globale du projet et une meilleure appréhension du budget. Il couvre le projet d’un bâtiment de sa construction à sa démolition, avec des modélisations digitales.  

Si cela vous intéresse, n’hésitez pas à consulter notre article sur le sujet : Le processus BIM, évolution digitale du BTP.


L'économie circulaire a de l'avenir dans le BTP


Vous l’aurez donc compris, la mise en place de l’économie circulaire implique pour sa réussite un processus de travail collaboratif. Il n’est pas question de se lancer seul, sans machines ou équipement connectés. 

Il ne faut pas négliger l’importance de creuser les ouvertures de marché qui seront potentiellement d’excellents leviers pour une plus-value sur le chiffre d’affaires, avec des moyens modernes. Mais il est avant tout important de réinventer les méthodes de travail, qui définissent les liens des partenaires avec une proximité entre tous les collaborateurs. L’efficacité opérationnelle de la digitalisation ne dépend pas que de la qualité des informations échangées. La digitalisation du BTP est une affaire B2B avant tout. Elle n’est possible que par et pour les acteurs expérimentés des travaux publics, et des entreprises expertes du digital qui ont les outils qui répondent aux enjeux d’une économie verte florissante. 



En complément de cet article n’hésitez pas à consulter ces liens :  



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