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Lutte contre la pénurie des chauffeurs routiers

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LUTTE CONTRE LA PÉNURIE DES CHAUFFEURS ROUTIERS  

Les chiffres dans le transport routier en 2022

 

En France, il manque 50 000 travailleurs dans le secteur des transports. Salaire, conditions de travail, ces métiers ne sont plus attractifs. L'industrie essaie d'attirer une nouvelle génération. 

Le transport routier représente 90 % du fret français Le problème remonte à avant la crise sanitaire, car l'industrie traverse une crise de carrière depuis plusieurs années. Problèmes d'image, salaires peu attractifs et méconnaissance des majors expliquent la pénurie de candidats. 

Dans le même temps, la demande a augmenté avec de nombreux retraités dans l'industrie et une forte reprise de l'économie. C'est un casse-tête pour de nombreux entrepreneurs. Par ailleurs, un rapport d'octobre 2020 de la DARES (Direction de la Recherche, de la Recherche et de l'Animation Statistique) montrait que les conducteurs routiers faisaient partie des 30 métiers les plus stressants en France en 2019 (https://dares.travail-emploi.gouv.fr/sites/default/files/71201a8e278ea87bc1134ab83b87dab1/TetE-162-Couv_Corpus-web.pdf)

 

Pourquoi est-il difficile de trouver des chauffeurs routiers en 2022 ?

 

Pour déterminer la source du problème, revenons au rapport de l'IRU. Un message particulièrement frappant est que seulement 7 % des camionneurs ont moins de 25 ans (https://www.actu-transport-logistique.fr/routier/liru-decrypte-la-penurie-de-conducteurs-partout-dans-le-monde-700684.php) . La moyenne d'âge est supérieure à 50 ans et seul un quart des conducteurs se situe dans la tranche d'âge la plus jeune. Cependant, la principale raison de cette baisse est le manque d'expérience de la conduite de camions : en effet, conduire ce type de véhicule a un coût, et tout le monde n'est pas prêt à payer pour cela. 

 

Et si on faisait (pas) comme l’Espagne ? 

 

Par exemple, dans des pays comme l'Espagne, les conducteurs doivent être titulaires d'un certificat de qualification professionnelle ou d'un CAP pour conduire sur les routes du pays. Pour obtenir ce certificat, les candidats doivent suivre une formation puis réussir un examen. Ces conditions préalables, combinées à la baisse de popularité de l'occupation et à l'image peu flatteuse qu'elle renvoie dans la société, la rendent peu attrayante aux yeux des jeunes.

 

Des femmes pour sauver la pénurie de chauffeurs routiers ? 

 

En France, le secteur du transport routier ne compte que 5% de conductrices. Pour féminiser la profession et pallier une pénurie de main d’oeuvre, une agence de recrutement en partenariat avec Pôle Emploi et différents organismes de formation a lancé fin 2020 « Agir au féminin ». Une formation 100% féminine pour l'obtention du permis poids-lourd. https://www.youtube.com/watch?v=4HTB7TgX4tw

 

HUGUETTE, 37 ANS DE ROUTE

 

Huguette Durand ou « Lélé » comme tout le monde la surnomme et comme elle l’a inscrit sur le tracteur de son camion, habite à St Pierre de Dezirieux, un petit village dans l’Isère. Ce bout de femme de 60 ans a passé 37 ans au volant de son poids lourd de 44 tonnes. Huguette a un métier peu commun pour une femme, elle est chauffeur-routier.

 

Son histoire commence en 1978. Après un bref passage en faculté d’anglais, elle suit par hasard une formation de chauffeur-routier pendant 6 mois. C’est «une révélation». A peine a-t-elle posé un pied dans l’habitacle de cet imposant engin qu’elle déclare : «Je me sens chez moi et c’est ce que je veux faire». Elle ne tarde pas à trouver un travail dans une entreprise de transport où son employeur la prend à l’essai pendant 1 mois et demi, histoire de la tester et de voir si elle tient le choc. Pari réussi, il l’embauche et se fait un peu de publicité au passage car elles ne sont que 30 femmes à exercer ce métier à l’époque. On en compte aujourd’hui plus de 3000. En 1984, Huguette se met à son compte et crée l’entreprise Durand Lemi, « Le » étant le diminutif de son surnom et « Mi » celui de sa soeur Monique. Huguette est tout le contraire des clichés que l‘on peut se faire d‘une femme routière.

 

Coquette, elle tient à rappeler qu’elle est avant tout est une dame. Pétillante, cultivée, maman et grand-mère, c’est aussi une vraie pipelette. Malgré son métier relativement solitaire, elle a toujours un avis sur tout et une petite anecdote à vous raconter.

 

Huguette fait partie des premières femmes chauffeur-routier mais peut-être aussi une des dernières à parcourir de longues distances, cette pratique tendant à disparaitre en raison de la concurrence des pays de l’Est.

 

Leviers pour faire face à la pénurie de chauffeurs routiers 

 

-       Observer les causes du déséquilibre entre offre et demande

 

Le personnel en poste estime que la pénurie de conducteurs est due au manque d’attractivité de la profession auprès des jeunes. Outre la pénibilité présumée, le métier de chauffeur routier présente plusieurs inconvénients aux yeux des nouvelles générations. Par exemple, les longues périodes d’absence du domicile.

-       Rester à l’écoute d’une branche en colère

La pénurie des chauffeurs routiers présente des similitudes avec celle des aides à domicile. Comme elles, ils font partie des "travailleurs de deuxième ligne" qui ont dû maintenir leurs services pendant le premier confinement. Ils ont travaillé malgré la fermeture des frontières, l’impossibilité de rentrer chez eux et tout le contexte anxiogène de la première vague. De ce fait, ils attendent encore aujourd’hui une reconnaissance promise depuis 2020

 

-       Fidéliser les candidats et attirer les candidats 

 

Pour endiguer la rotation des conducteurs et prévenir les perturbations de la chaîne d’approvisionnement, les entreprises imaginent plusieurs solutions. Primes, financement de formations, avantages sociaux… Face aux difficultés de recrutement des chauffeurs routiers, elles possèdent chacune leur recette pour attirer les candidats.

 

-       Faciliter le processus de recrutement des chauffeurs routiers 

 

Pour faire face à une absence imprévue ou à un pic d’activité dans l’équipe, il faut réagir rapidement. Si le recours aux contrats de courte durée est courant, les processus de recrutement restent chronophages : en moyenne 6 semaines pour recruter, de l’expression du besoin à la signature du contrat. Alors, l’intérim demeure la solution privilégiée par 22% des employeurs. Toutefois, avoir recours aux intérimaires engendre un coût non négligeable pour les entreprises.

 

 

À retenir 

 

Pour faire face à la pénurie de chauffeurs routiers, la transformation numérique des outils et processus du secteur du transport est nécessaire. Cela leur redonnera un coup de boost et un souffle de performance en attendant de faire des changements plus profonds pour redonner une image professionnelle qui manque de popularité. 

 

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